« Moi je… » ou le début des emmerdements !

Qui suis-je réellement ?

« Moi je… » ou le début des emmerdements !

« Moi je… » ou le début des emmerdements ! 940 361 Christophe LE BEC

« Moi je… »

Moi je pense que, Moi je dis que, Moi je veux, Moi j’aime ou Moi j’aime pas ! « Moi je » est le point de départ de l’identification au personnage que l’on est à la ville, dans notre vie quotidienne.

Mais qui est ce « Je » qui commande, décide, pense ? C’est quoi ce « Je » ? Où se trouve-t-il ? On dit tous « Je » avec une facilité déconcertante, mais il suffit que je vous demande, là maintenant, qui êtes-vous ? Et ce « je  » balbutie un « Euh… » hésitant avant de généralement donner un prénom, un âge, une profession, un lieu de naissance, un lieu d’habitation. Est-ce donc cela que vous êtes ? Vous êtes certain ? Moi je suis Christophe, journaliste, thérapeute. Je suis un garçon, je suis un breton né en banlieue parisienne. Je suis papa, je suis marié. Je suis plutôt solitaire, je suis introverti, j’aime les légumes et aussi le Nutella ! Woué, c’est moi ! Et je suis drôle aussi ! Êtes-vous absolument certain que ce « je » personnel est réellement qui vous êtes ?

Ce « Je » qui vous définit est-il si solide que cela ?

Ce « je » qui parle en votre nom est un empilement de définitions et de croyances que vous avez sur vous-même. Mais ce ne sont rien d’autres que des croyances. Et une croyance n’est vraie que si vous y croyez n’est-ce pas ? Ainsi, je suis Christophe n’est pas une vérité, juste une croyance. Je crois que je suis Christophe uniquement parce que mes parents m’ont répété des dizaines de fois lorsque j’étais bébé : toi, Christophe ! Si mes parents m’avaient appelé José, serai-je une autre personne ? Suis-je Christophe ou bien suis-je avant Christophe et au-delà de Christophe ? Il en va de même avec « Je suis fragile », « je suis littéraire, mais je suis nul en maths ! », « je suis distrait », « je n’ai aucune confiance en moi », etc. Des croyances auxquelles j’ai dit oui. Oui, c’est moi.

Il faut vraiment prendre conscience de l’importance de ce « Moi je » dans notre vie. Il occupe une place centrale depuis que le sentiment d’identité est apparu vers l’âge de quatre ans. Pourtant avant de nous identifier à ce « je », nous existions, non ? Lorsque j’étais tout petit, vers un an et demi, et que je jouais des heures durant avec mon chien, je n’avais aucune idée de qui j’étais, je n’avais aucune conscience du temps, des autres à côté. J’étais. J’étais sans rien ajouter à cette présence. J’étais totalement présent à la relation avec l’animal, exactement comme j’étais totalement présent pour découvrir tout ce qui m’entourait, sans à priori ou croyance. J’étais juste présent à ce que je faisais, là où j’étais. Je ne me demandais pas comment les autres allaient me percevoir, s’ils allaient me juger bien ou mal. Je ne savais pas si j’étais un garçon, un enfant, je ne savais si j’étais gentil ou méchant, je ne savais qu’il y avait un avenir, je ne me demandais ce que je ferais comme étude, comme métier plus tard. Simplement, j’étais.

Les emmerdes !

Il faut se rendre à l’évidence, « Moi je » est l’origine de tous nos prétendus problèmes. Si nous n’avons aucune idée sur nous même, les attentes, les besoins, les peurs, tout cela disparaît aussitôt. C’est parce que je suis identifié à ce « je » qui se croît maître de sa vie, qui veut à tout prix s’affirmer ! « Moi je » a une histoire personnelle qui justifie ce qu’il vit aujourd’hui : ses problèmes, ses peurs, ses échecs. C’est à cause de papa si… etc.  Oubliez tout ce blabla. « Je » aspire à aller mieux, à grandir, à gagner plus, à changer, à s’améliorer, « je » aspire à contrôler votre vie, et pourquoi pas, celle des autres par la même occasion. Je ne suis pas mes pensées, pas plus que je ne suis ce « Moi je ».
Suis-je thérapeute lorsque je hurle de joie après un but de mon équipe préférée ? Non, je ne suis absolument pas cela. Je ne suis aucune définition de moi. Je suis exactement comme je suis maintenant, et à chaque seconde différent. Ce moi est une prison sociale. Lorsque je dors, est-ce que ce « Je » existe encore ? Lorsque quelqu’un est dans le coma, où se trouve ce « Je » qui veut et qui décide ? « Je » n’a en fait aucune consistance, aucune réalité. Ce « je » et toutes les définitions qui y sont rattachées ne sont pas moi.

Le cerveau ou le cœur

Les pensées ne sont que du bruit mental. Rien d’autre que du bruit. Je vous invite à faire l’expérience que « Je suis » bien avant que les idées et les concepts n’apparaissent et créent une fausse identité, une identité de façade qui nous protège de la peur de ne pas être aimé (qui est la mère de toutes les peurs). Je suis sans rien ajouter à cela. Passez du Moi au Soi. Revenez à l’enfant que vous étiez, à cette présence simple et authentique, sans pensée, sans jugement. Regardez vos enfants, ils sont vos meilleurs enseignants. Pensez avec votre cœur, là où se trouve la véritable intelligence, celle qui fait se reproduire vos cellules, qui fabrique automatiquement les hormones nécessaires à votre équilibre physiologique et émotionnel, l’intelligence qui fait que vous respirez sans même y penser, que vous dormez quand cela est nécessaire. Revenez à l’intérieur de vous, au Soi, tournez votre attention vers ce qui perçoit vos pensées, et laissez le silence agir en vous. Si vous le pouvez, ressentez comme vous êtes la vie qui se vit, l’amour pur. La vie n’a rien à prouver, rien à faire de suivre son élan naturel. Suivez l’élan naturel qui vous traverse. Très loin du « Moi je ».

Christophe LE BEC

Accompagnements individuels - Réflexologie -Access Bars

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  • Merci pour cet article.C est bien vrai ce « je »est comme un sims que l on se créé avec l éducation ,les croyances,les média …et on pense que ce « je »c est nous …et bien non!dans cette société il n est pas chose facile d abandonné totalement ce « je »…ce pourquoi je ressent cette dualité profonde entre l être et l égo..tellement de fois je me dit que j aimerais ne plus avoir d identité,plus de papier,partir dans la nature pour enfin « etre » pleinement..plus d attache sociale pour me rappeller ce « je »que les autre veulent voir…plus de montre,juste vivre dans le temps parfait qui est maintenant. ..bonne journée.L ame du monde est en nous

    • Christophe LE BEC août 25, 2018 à 10:47

      Merci pour ce commentaire Catherine. Il n’est pas nécessaire d’abandonner le personnage. Il suffit juste de voir que c’est un jeu, un personnage social. Dès que c’est vu, on peut s’en détacher. Pas besoin de s’en débarrasser.

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