De la tension à l’attention

De la tension à l’attention

De la tension à l’attention 940 360 Christophe LE BEC

Pris dans les péripéties de notre histoire personnelle, nous vivons dans un état de tension permanent, tiraillés entre le passé et l’avenir, essayant tant bien que mal de nous comporter comme nous pensons devoir le faire pour nous améliorer ou changer et espérer ainsi être aimé, accepté. Cette tension est constituée de peurs, de colères, de jugements et de croyances qui nous limitent et nous contraignent. Cette tension très électrique, éthérique, nous maintient à la surface de nous même, à fleur de peau. Nous ne percevons de nous-même qu’une contraction, une attente, un espoir en devenir.

La tension

Si vous vous posez quelques secondes, elle apparaît en première place dans vos sensations physiques. Cette tension qui nous tient en alerte permanente peut prendre la forme de contractions musculaires. En ce qui me concerne, c’est une sensation quasi électrique qui parcourt la surface de ma peau, de mes tendons, les articulations de mes poignets, de mes épaules, de mes genoux, chevilles. Cette tension semble nous tenir debout et nous faire avancer. Elle ne nous quitte pour ainsi dire jamais. Suivant la situation dans laquelle nous nous trouvons, une réunion au bureau, un barbecue entre amis, elle se renforce ou diminue, se colore de peur, de colère, de tristesse ou d’excitation. Cette tension nous saisit dès l’enfance, dès que nous prenons conscience d’être quelqu’un, ou pour être plus juste avec la réalité, lorsque nous apprenons à nous comporter d’une certaine façon pour avoir l’approbation de nos parents, ascendants, professeurs, etc.

Ce mécanisme psychologique nous coupe de la présence silencieuse que nous sommes et qui demeure tapi au creux de notre être. Il nous met comme à distance de notre source, en nous faisant monter en pression. Notre corps qui ne connaît que l’instant présent et nos sensations physiques ne sont plus cet ancrage qui nous relie au monde, c’est désormais dans la tête que cela se passe.
Notre mental analyse, compile et classe en bien et mal tout ce que nous vivons, les gens que nous rencontrons. Il fait cela pour nous protéger de cette sale peur de ne pas être aimé, et cela fait encore monter cette satané tension musculaire, nerveuse, énergétique. Cette fébrilité anxieuse nous tient d’identité. Notre cerveau, branché sur du 220V, est empêtrée dans le passé et tendu vers le moment d’après. Nous souhaitons ardemment vivre le bonheur et la plénitude, mais nous les cherchons à l’extérieur de nous. Nous pensons que le bonheur nous délivrera de cette tension, de cette angoisse qui nous agite. Mais lorsqu’elle disparaît par instants, nous nous sentons étonnamment vides, désemparés. Sans « problème » nous sommes perdus et nous nous ennuyons. Nous ne percevons pas que l’idée du bonheur (but, situation à atteindre, objet à obtenir, être aimé) est un leurre, une illusion qui nous maintient à la surface de nous-même.

La voie de la délivrance (excellent petit livre d’Adyashanti que je vous recommande au passage !) consiste en un déplacement de notre attention de l’extérieur vers l’intérieur.

L’attention

Là où nous plaçons notre attention, nous sommes !

En effet, nous voyons ce que nous croyons. Pas autre chose. Notre réalité n’est faites que de ce à quoi nous donnons notre pouvoir en regardant le monde avec les filtres déformants de nos croyances. En tournant notre attention vers ce qui perçoit les objets, les idées, et non plus vers les objets eux-mêmes, nous sommes ramenés vers notre source, vers la vie que nous sommes. Il n’y a rien à faire pour cela, juste être, juste oublier qui nous sommes pour simplement être l’instant vivant, ici et maintenant, dans toute sa profondeur, sa douceur et sa spontanéité. Respirer sans pensée, rencontrer l’autre sans pensée, l’arbre, le ciel, un chien, une maison. Être vide de toute croyance nous fait prendre conscience que nous sommes la vie qui se vit. Comme l’arbre grandit et se déploie sans rien penser de cela. Il sera peut-être rectiligne et majestueux ou tout tordu par le vent. Cela n’a aucune importance pour l’arbre. Simplement, il est ; simplement, nous sommes.

Christophe LE BEC

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