Une question : la honte ?

Une question : la honte ?

Une question : la honte ? 940 360 Christophe LE BEC

J’ai proposé à ceux qui le souhaitent, de me poser des questions par mail. Dans la mesure où elle me parle et qu’elle peut être intéressante pour beaucoup d’entre vous, j’y réponds. Encore une fois, cette réponse n’est pas LA vérité, mais un éclairage. Je parle toujours de ce que je connais. Le sujet de cet article : la honte…

Question :

« Que pouvez-vous partager sur le sujet de la honte ?

J’ai été confrontée à la honte très jeune et puis tout au long de ma vie. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle me colle à la peau. Ça n’atteint pas que moi, mais aussi ma fille, ce qui me rend triste et…. impuissante.

Je suis OK avec l’idée que j’ai probablement refoulé l’émotion associée et que tant que je ne la laisserais pas me traverser, je continuerai à la vivre.
Alors, comme j’ai bien appris ma leçon….lol^^ ça passe par le ressenti dans le corps, pas de mental, pas de pensée, accueillir, ne rien attendre, ne rien vouloir, juste être avec ce qui est là quand je ressens de la honte.
Oui, seulement elle est toujours là…
Accepter qu’elle soit toujours là…. ok…. mais à l’intérieur de moi, je souhaite tellement m’en libérer !!!
Peur du jugement… peur du rejet… manque d’affirmation de soi. Il y a une part de moi qui souhaite accepter ça sans vouloir le changer et une part qui dit « non ! ce n’est pas possible de continuer à ressentir ça parce que ça coince de partout et que ce n’est pas ça la vie » !

Merci de donner quelques clés peut être… ou une autre façon de voir les choses… »

Réponse :

Chère C…, merci pour cette question. Ce qui est amusant dans cette question, c’est tout autant la formulation qui en dit beaucoup sur ta personnalité que la question elle-même. L’air de rien, tu donnes déjà les pistes pour te répondre.

Lorsque j’entends le mot honte, tout de suite viennent deux mots qui se juxtaposent : humiliation & plaisir. Ils sont intimement liés. L’un ne va pas s’en l’autre quand on ressent de la honte. Et entre ces deux mots une idée s’impose : oser être soi. Oser être soi, c’est à dire, assumer pleinement notre vie telle qu’elle est (nos actes, nos pensées, mêmes les pires selon nous) me semble la clé pour débusquer la honte. La honte naît du jugement que l’on porte sur soi, sur sa nature profonde. Souvent derrière la honte on trouve aussi le dégoût de soi. La sexualité n’est jamais très loin. On a honte du plaisir, on a honte d’en ressentir et honte d’en donner. Le jugement est donc implacable. Constate que ce jugement, cette honte a pour fonction de t’interdire d’être toi, de te couper les ailes.

Dans ta question, tu dis : « j’ai été confronté à la honte », puis « elle me colle à la peau », puis encore « elle atteint ma fille ». Regarde que tu places la honte comme quelque chose qui vient de l’extérieur et qui te colle à la peau, comme une tâche indélébile. Hors, la honte ne vient pas de l’extérieur. La honte vient de toi, du jugement que tu portes sur toi. A te lire, on devine que tu te sens victime de la honte. Voies que tu n’es pas victime, puisque c’est en fait ta création. Ta création pour t’empêcher d’être pleinement ce que tu es, ton corps, tes pensées les plus intimes. J’aime bien l’idée de se rencontrer soi-même. Et pour se rencontrer, il faut lever tous les voiles qui masquent l’être que nous sommes.

Chercher à se libérer de la honte n’a donc pas vraiment de sens en soi. Il te faut avant tout faire la paix avec ton corps, tes pensées, être douce avec toi. L’idée n’est pas de rajouter une violence à la violence de la honte. Accueillir ce qui te traverse, les émotions, les jugements, ne signifie pas les accepter ou être d’accord. Si tu te poses là, un moment en ne cherchant rien à exclure, rien à juger, mais simplement sentir ce corps, chacune de ses parties, sa densité, alors remercie-le d’être là pour toi. Regarde ce que cela produit en toi. Est-ce léger ? Lourd ? Y a-t-il une émotion qui vient quand tu dis du bien de ce corps ?

Ne cherche plus à « bien faire », à « être une bonne personne », essaie juste autant que possible d’être totalement honnête avec ce que tu ressens, écoute simplement ton cœur au lieu de bien apprendre ta leçon ! Tu ne peux rien rater car il n’y a rien à réussir. Cette dernière phrase peut sembler abstraite. La compréhension peut souvent rester totalement mentale, alors que cette phrase est plus à ressentir qu’à comprendre.

Ma réponse est un peu courte. C’est ce qui m’est venu ce midi !

Je pourrais penser que ce n’est pas parfait, je pourrais pourquoi pas, commencer à imaginer ce que les autres vont penser de moi, les jugements qu’ils pourraient porter (qui sont en réalité mes jugements !). Et bien, je ne pense rien de ma réponse. Je constate que c’est ce que j’ai écrit, que je l’ai fait avec le plus d’honnêteté possible, en fonction de mes moyens du jour. Et c’est tellement plus simple quand tu te transformes un peu en spectateur de toi, un spectateur bienveillant. Je fais simplement confiance à mon intelligence. C’est elle qui s’exprime, pas moi. Pas le « Moi je ».

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