L’éveil est notre état naturel

L’éveil est notre état naturel

L’éveil est notre état naturel 940 360 Christophe LE BEC

Ne cherchez rien, aucun changement, aucun résultat. Contentez-vous d’accueillir humblement ce qui est, ici et maintenant, vivez simplement la vie qui se présente, sans rien chercher à contrôler.
L’éveil est notre état naturel.

Rien à faire, c’est à dire ?

J’ai toujours eu du mal avec les pratiques : la méditation, le yoga, ou la pêche à la ligne. C’est constitutionnel. Je suis une brindille montée sur ressort, un réactif sanguin, un esprit prompt à la blague, à la saillie drôlatique. Lorsque je dis que c’est constitutionnel, ce n’est pas une manière de faire une pirouette, c’est simplement la réalité. Nous sommes toutes et tous physiquement différents : il y a des grands et des petits, des larges d’épaules et des maigres étroits comme une lame, des musclés et des mous, des toniques et des lymphatiques. Notre constitution physique est largement due à notre fonctionnement physiologique. Et cela se ressent dans nos comportements et nos réactions. Un maigrichon sera plus facilement nerveux, anxieux, avec des pensées qui vont vite, un transit rapide, des tensions dans les muscles, sa thyroïde marchera plus fort qu’une personne lymphatique, au physique plus rond, celle-ci aura tendance à être plus émotionnelle. Évidement, n’en faisons pas un dogme, mais voyons-le comme une inclinaison naturelle plus ou moins prononcée.

Tous différents, nous n’avons donc ni les mêmes besoins, ni les mêmes aptitudes, ni les mêmes modes opératoires pour obtenir un même résultat. Il en va de même pour être Soi. Dans ce cas, pourquoi devrait-on tous « pratiquer » ? Pratiquer quoi, d’abord ? Et pourquoi tous de la même manière ? Pourquoi devrait-on tous suivre un guide ? Tous le même ?

Suivez ce qui vous semble juste pour vous. Ici et maintenant. Et sachez que l’on peut aussi changer de position à tout moment ! Rien n’est grave, rien n’est définitif…

Mental !

Pour revenir à mon expérience, le mental est en moi très présent, rapide. Il s’agite facilement, se disperse en une arborescence de pensées, de digressions aussi diverses qu’incongrues parfois. C’est ainsi, et je ne changerais pas cela. Pourquoi devrais-je le faire d’ailleurs ? Dans ces conditions, la méditation était juste impossible, ou du moins très compliquée. J’étais incapable de tenir en place. Pour vous donner un exemple, lorsque j’écris un article ; celui-ci tiens. Et bien je me lève régulièrement d’un bond et je tourne en rond, mécaniquement autour de la table du salon, à la manière d’un poisson rouge dans son bocal. Je sors du truc, je ne cherche rien par rapport au texte, j’ai juste besoin d’un temps pour que la tension interne s’échappe, comme une surpression qui va divaguer à travers toutes les pensées qui passent : le temps qu’il fait, que voit la mouche qui tape à la fenêtre ? Ressent-elle de la douleur en se cognant ainsi ? Est-ce qu’il fait déjà nuit à Paris ou pas encore ? Penser à regonfler ma fourgonnette demain matin… Parfois, je passe le balais ou je sors donner des graines aux poules avant de me remettre d’un coup devant l’ordi pour apprendre comment voient les mouches, les chats, les chiens, et perdre toute notion de temps pendant… (je ne sais pas, du coup !). C’est ainsi, je fais le yoyo en permanence entre le mental et les profondeurs. Et aussi loin que je m’en souvienne, il en a toujours été ainsi.

Vous êtes différents de moi, votre expérience est autre, vous avez d’autres mots pour raconter cela, d’autres ressentis, alors comment cela se passe pour vous ?

Comme je vous l’ai dit, il y a une part qui tient à la constitution physique là-dedans. Il nous faut donc faire avec ce que nous sommes (corps, mental) et non lutter contre.  Je n’ai aucune envie de « tuer » le mental, ou d’être différent, mais simplement de rencontrer cet espace que je suis où tout apparaît à chaque instant : les pensées, les croyances, les jugements, les autres, le monde, et Moi en tant que personnage. Pouvoir tourner son attention vers ce qui observe cela, tout en faisant l’expérience du monde, quel pied ! Cela revient à être le spectateur du film, et le comédien sur l’écran, mais aussi le réalisateur derrière la caméra. En même temps !

Et il n’y a rien à faire pour cela, si ce n’est vivre, en étant le plus possible à l’écoute de notre ressenti profond. Dans un va-et-vient permanent et singulier.

Ne rien faire peut donc signifier, se poser et faire une à trois heures de méditation, ou pas. Chacun trouvera sa propre méthode. L’enseignant est partout et en toute chose si on veut bien le voir : mon chien, ma mère, l’autre ! Ne rien faire signifie ressentir pleinement ce qui se vit en vous, à chaque instant, en toute honnêteté, sans se raconter d’histoire. Si c’est de l’agitation qui est là, et bien observez ce qui se passe en vous, tournez votre attention vers ce qui perçoit cette agitation sans rien vouloir modifier ou refuser.

Le silence est d’or

Ne cherchez aucune réponse, aucun résultat. Contentez-vous d’offrir la question au silence en étant attentif à vos ressentis. L’imprégnation va s’opérer malgré vous (malgré les diktats du personnage que vous croyez être). Des réponses vont apparaître, soyez patient. Comment les reconnaître ? D’abord vous reconnaîtrez immédiatement qu’elles sont justes pour vous. Ces réponses surgissent spontanément en vous. Elles ne viennent jamais de l’extérieur, elles ne répondent à aucune suite de déductions logiques, aucune justification. C’est juste. Point. Cela apparaît et vous reconnaissez immédiatement que c’est juste pour vous. Que vous « êtes » cette réponse, qu’elle vous habite depuis toujours, simplement vous ne la voyiez pas jusque là. C’est léger, doux, comme une douce effluve vaporeuse qui vous envahit, qui se répand dans chacune de vos cellules, langoureusement, amoureusement. Ce savoir là est immédiat. Il est absolument total, radical.

L’éveil est notre état naturel, pour peu que l’on cesse de résister à ce qui vibre en nous. Osez l’expansion, le relâchement au lieu de vous contracter pour tendre à être quelqu’un, un personnage fantasmé.

Oser être soi, c’est renoncer à être quelqu’un…

Christophe LE BEC

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