Le Prisonnier

Numéro 6

Le Prisonnier

Le Prisonnier 940 360 Christophe LE BEC

Les plus vieux se rappelleront de la série britannique « Le Prisonnier » avec Patrick McGoohan. Dans cette série de 1967, « un agent secret britannique démissionne brutalement de son poste et rentre chez lui au volant de sa Lotus Seven. Alors qu’il fait ses valises pour partir en vacances, un gaz anesthésiant est diffusé dans son appartement londonien. À son réveil, il est dans un autre lieu, le Village. C’est un endroit étrange, à l’architecture baroque, dirigé par le Numéro 2 et habité par une communauté de villageois, tous vêtus d’habits colorés. Un badge numéroté sur la poitrine les identifie. L’homme est désormais le Numéro 6. Il réfutera cette dénomination et se déclarera libre envers et contre tout » (source Wikipedia : Le Prisonnier).

Numéro 6

Cette série propose une parabole très éclairante de ce que nous vivons. Nous sommes tous des Prisonniers. Nous sommes prisonniers de notre mental, et nous passons parfois toute notre vie sans nous rendre compte que nous ne sommes pas vraiment ce personnage, à l’image des habitants du village sur cette île isolée du monde, que cette comédie sociale que nous interprétons est fausse. Il faudra peut-être une dépression, une séparation, un changement de vie pour que tout bascule. Et parfois cela n’arrive jamais. Mais Numéro 6 est un cas un peu différent. S’il a oublié son passé comme les autres, il est néanmoins conscient d’être coupé de lui-même, qu’il y a quelque chose de plus grand, plus vaste que simplement le numéro 6 qu’on lui a attribué.

Je rencontre parfois des « Numéro 6 ». Je les reconnais (souvent) au premier coup d’œil. Je suis l’un des leurs. Qu’est-ce qui différencie Numéro 6 des autres Prisonniers du village mondial qu’est le notre. Il sait. Il sait depuis l’enfance qu’il n’est pas un numéro, une identité sociale, un personnage. Il le sait, mais il a tellement peur d’être blessé par les autres humains qu’il cache ce qu’il vit intérieurement. Il contrôle. C’est la seule chose qu’il sait faire : contrôler ses paroles, ses gestes, ses émotions, repérer comment les autres font, étudier leurs manières de faire, leurs habitudes, à la manière d’un agent secret en mission en pays ennemi. Il sent confusément que quelque chose n’est pas normal, pas naturel. Même s’il ne sait pas encore qu’il est la liberté, la vie, il sent une aspiration énorme à être libéré de cette pesanteur qui l’opprime, le maintient au sol. Il se sent faible, anormal, isolé des autres membres de sa famille, de ses parents, de ses frères et sœurs. Il évolue dans un monde qui lui est totalement étranger et dont il ne connaît pas les codes. Du coup, il fait semblant. Consciemment. Il fait semblant d’être comme les autres : il peut rire, parler. Il imite tant bien que mal les autres, mais toujours, il se sent à distance, seul, isolé dans son secret intérieur. La distance d’avec les autres est tellement grande qu’il finit immanquablement par s’isoler physiquement autant que psychologiquement. C’est cela qui fait des numéros 6, des êtres un peu à part.

Il n’y a pas d’être plus vaste ou plus grand que les autres, chacun est une facette de la conscience. Mais je voudrais dire à tous les numéros 6 qui se sentent parfois incroyablement seuls dans leur tête qu’ils sont en réalité totalement à leur place. Il leur suffit d’assumer pleinement leur vulnérabilité et leur différence, de se laisser porter par la vie, ce qui est leur plus grande terreur. Dans cette perte de contrôle, ils trouveront la liberté à laquelle il aspire tant. Qui sait s’ils ne sont pas des éclaireurs, des messagers pour ceux qui les entourent ?

 

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