L’impermanence

L’impermanence

L’impermanence 940 360 Christophe LE BEC

Au départ de tout cheminement, qu’il soit spirituel ou qu’il s’agisse de la recherche d’un mieux être psychologique, on trouve généralement de l’angoisse, de l’anxiété, une forme d’insatisfaction à vivre ce qui fait notre vie. Et je remarque que l’incertitude est alors est un facteur clé. On n’est pas certain d’être aimé, on a peur d’être soi-même et d’être rejeté, on a peur de ne pas être capable de faire face à certaines situations. Cette incertitude et la peur qui en découlent sont l’origine d’une rumination incessante et de blocages. Le mental est en boucle et il adore ça !

Certains aimeraient pouvoir « fixer » ce qu’ils sont et figer l’avenir : Moi je suis comme ceci, et le bonheur, c’est ça (c’est lui, c’est elle, c’est cette maison, ce travail, cette existence là), et surtout, que plus rien ne bouge et je serai Heu…Reux ! Nous aimerions contrôler notre vie pour ne plus vivre cette incertitude. Pour espérer y parvenir, chacun explore sa ou ses méthodes : visites chez le psy, développement personnel, spiritualité, nous allons, parfois frénétiquement, butiner à droite et à gauche. La psychologique peut nous aider à nous améliorer, à mieux vivre avec le personnage sociale que nous feignons d’être au quotidien, à mieux entrer en transaction avec les autres personnages. De son côté, la spiritualité portée par la quête de l’éveil peut parfois être assimilée à une sorte de bonheur extatique permanent. Cette soif d’élévation devient alors un objet. On veut atteindre un état particulier, une sorte d’état de grâce où la douleur n’est plus ressentie, mais mise à distance de soi.

Si ce désir vous habite, c’est génial ! Ne faites rien. Simplement, regardez ce qui se vit en vous, laissez infuser, soyez présent à vous même, laissez agir le silence en vous. Soyez patient, il n’y a rien à changer…

« Moi je »,  l’impermanent

La peur de ce qui bouge, de ce qui évolue et se modifie en permanence peut être la plus belle des portes d’entrée pour se rencontrer. Quelque soit notre problématique « personnelle », celle-ci est toujours la meilleure porte d’entrée pour se rencontrer en conscience. Il n’y a rien à atteindre, rien à changer, juste à se ressentir, à ressentir la vie que nous sommes, qui nous agit ! Oser être soi, c’est d’abord renoncer à être quelqu’un, renoncer à vouloir être d’une certaine manière, à contrôler sa vie.

Oser être soi, c’est simplement se rencontrer tel que l’on est. C’est la seule vocation de l’existence. C’est le point d’arrivée, et c’est aussi le point de départ. Cette « recherche » là est immobile. Seuls le silence et l’accueil permettent de rencontrer ce que nous sommes déjà.
Le personnage que l’on joue au quotidien n’est qu’un agglomérat d’idées et de concepts que nous avons sur nous-même. Au même titre que notre ADN se transmet de génération en génération, nous portons les souffrances de nos parents, leurs croyances qu’ils nous ont transmis. Nous portons même en nous toute la souffrance de l’humanité depuis que l’homme est homme. La guerre, le meurtre, le viol, la haine, ou l’amour. Nous connaissons intimement ces énergies qui habitent en nous. Nous en sommes les dépositaires. Notre personnage est né et s’est solidifié sur ce terreau là lorsque nous étions encore un petit enfant. Nous avons appris à être un individu séparé de ses parents, de son univers proche pour nous protéger de la peur de ne pas être aimé. Ce personnage est une pure construction mentale. Il est donc impermanent, c’est même une illusion, le personnage d’un film dans lequel nous jouons avec plein d’autres personnages qui eux aussi sont les héros de leur propre histoire personnelle. « Moi je » n’a aucun pouvoir en réalité. Il apparaît dans ce que l’on est et qui ne bouge pas. Ce que l’on est permanent, c’est la conscience, la source à laquelle chacun est relié. La conscience est ce qui perçoit ce qui se vit en nous. La vie que nous sommes est une énergie, un mouvement, une inclinaison à croître, vivre, respirer de façon naturelle, organique, comme les arbres, comme tout organisme vivant. Nous sommes pareil que les arbres, avec simplement un mental en plus et un ego qui nous donnent l’illusion d’être une personne séparée de la globalité, une personne qui décide de sa vie, qui fait des choix, qui est capable de changer le cours des choses. Notre véritable intelligence agit à travers nous, elle est bien différente de la pensée mentale, qui est juste un outil. Notre intelligence réside dans le ici et maintenant, dans cette manière de danser la vie, de la chanter sans effort. Notre véritable intelligence est celle du cœur, elle choisit ce qui est léger et doux pour nous, pas ce qui est raisonnable ou acceptable socialement.

Goûter l’impermanence

Alors n’ayez plus peur de l’impermanence, n’ayez plus peur de vous tromper. Si vous suivez votre cœur, l’erreur n’est jamais possible. L’impermanence de notre corps, de nos pensées, des objets a été pour moi une découverte cruciale, c’est toujours une source de joie incroyable. S’abandonner à la vie n’a rien avoir avec de l’inconséquence ou du fatalisme, c’est se comporter en humain, c’est jouer son rôle, c’est à dire : vivre, aimer, danser, pleurer, jouir de l’expérience que nous faisons du monde pour nous rencontrer. Le soi est lui permanent et impersonnel. Il est juste joie, amour, vie.

Christophe LE BEC

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