Être spirituel ou être authentique

Être spirituel ou être authentique

Être spirituel ou être authentique 940 360 Christophe LE BEC

La spiritualité est perçue comme une élévation, un accomplissement, la réalisation de soi, mais c’est aussi parfois une fuite. La quête spirituelle s’apparente à un chemin ponctué de pratiques. On devient ce que certains appellent « un chercheur ». Le chercheur peut ainsi passer des années à « s’améliorer », à « s’élever » spirituellement pour atteindre un état de quiétude et de plénitude sans limite, échapper à la « dictature » de l’ego. Il peut suivre un maître, participer à des stages, passer d’un maître à un autre, de stage en stage, et ainsi de suite…

On peut être spirituel sans être authentique, être authentique sans être spirituel, on peut aussi être les deux !

Je ne suis pas du tout spirituel. L’idée de « réalisation de soi » ne me parle pas du tout. Je ne ressens aucun appel pour l’éveil, pour une vie sans ego ou libérée du personnage que l’on croit être. Je ressens plutôt l’exigence d’être authentique, de vivre ma vie d’homme et non la vie que m’imposerait mon milieu, ma famille, mon histoire personnelle, mes angoisses. Attention toutefois à ne pas opposer spiritualité et authenticité. Les deux sont tout à fait conciliables. Je parle ici de mon expérience personnelle, de comment j’ai vécu les choses, de ce qui me semble juste pour moi. A chacun son chemin, sa vérité.
En 1996, j’ai pris un jour une décision ferme et sans retour : « Soit je vis ma vie, soit je me suicide ! ». Cette phrase résonnait comme une sentence pour moi, comme une limite que je me fixais. A ce moment là de ma vie, je vivais quasi reclus chez moi, sans ami, sans être capable d’aller vers les autres, de m’ouvrir, de me découvrir. J’étais tétanisé, comme un lapin au milieu de la route pris dans le faisceau des phares et qui se fige devant la voiture qui fonce sur lui. A l’époque, l’éveil, la vie en conscience n’étaient pas du tout dans mes préoccupations. J’étais au fond de la piscine, et j’étais incapable de pousser sur mes jambes pour remonter vers la surface. Je vivais prisonnier dans ma tête, et je pensais, je pensais, je pensais sans cesse. J’analysais, je jugeais les autres, leurs actes et les pensées que je leurs prêtais. Je me protégeais en construisant de toute pièce un monde cerclé de murs infranchissables et sans fenêtre. C’était épuisant, et sans fin. Toute cette digression pour expliquer à quel point le désir d’être authentique est un appel très fort et profond pour moi.

Le chemin spirituel

C’est pourtant un cheminement spirituel qui m’a fait sortir de la domination totale de l’ego, de ma perception d’être une personne avec une histoire, des difficultés personnelles, et qui contrôlait tant bien que mal son existence. J’avais vu par hasard une vidéo sur l’éveil où apparaissait Laurent Levy. Ce qu’il disait m’est tout de suite apparu comme juste pour moi, comme une ouverture incroyable. J’ai donc regardé toutes ses vidéos, puis celles d’autres enseignants, j’ai lu des dizaines de livres avec une passion et un désir de compréhension que rien ne pouvait arrêter.

Je me suis alors rendu compte que j’avais déjà vécu par le passé plusieurs expériences d’éveil, la première en 2005 lors d’une hospitalisation où la question même de ma survie était en jeu. Suspendu entre la vie et ma mort possible, je me sentis alors étonnement vivant et libéré du poids de l’existence, des pensées, des problèmes. Disons pour faire court que j’ai fait l’expérience de vivre l’instant présent en conscience. Après ma sortie de l’hôpital, j’ai essayé de retrouver cette joie de vivre sans les problèmes, mais ma vie avait repris son cours. Il m’aura donc fallu attendre 15 ans pour y goûter à nouveau, mais cette fois en ayant parfaitement conscience de ce qui se jouait.

La fuite

Lorsque l’on a la compréhension que l’on n’est pas le personnage (Je suis Christophe, né à telle date, à tel endroit, marié, deux enfants, trois chiens, deux chats, deux poules, etc.), mais qu’on est la conscience qui expérimente la forme (le personnage, le monde, les autres, les jugements, les croyances, etc.), on peut avoir la tentation de vouloir abandonner le personnage pour ne plus désirer vivre que dans cet espace calme et immobile en nous, dans le silence de la conscience pure.

Cela est peut-être la voie pour certains, mais ils sont très rares. Ce sont ces guides spirituels qui enseignent le chemin. Mais pour beaucoup de gens en quête d’éveil spirituel, l’éveil peut se révéler une fuite, un moyen de se couper de leurs émotions, des difficultés de leur vie. Souvent, je les entends parler de la joie. Tout est joie, ils ne connaissent que la joie, la beauté, la douceur d’une vie sans ego. Se rendent-ils compte que le désir d’atteindre un état et de le conserver, de fixer la situation, les coupe instantanément de la vie même. La vie est mouvement perpétuel. La vie porte en elle le bonheur et le malheur en même temps, et nous ne couperons pas à vivre ces expériences là.

La présence

L’ego est une part en nous. Pourquoi la refuser ? L’homme (et la femme aussi 🙂 ) marche sur deux jambes et c’est très bien ainsi. Nous sommes à la fois le personnage et la conscience d’être. L’idéal n’est-il pas de vivre l’incarnation à fond, totalement, avec intensité, mais en conscience. La conscience pure est ce qui nous relie tous, les 7 milliards d’habitants de cette planète. Nous y sommes connectés en permanence. Être présent, c’est Ressentir cela totalement et en même temps vivre l’incarnation et toutes ses émotions. C’est accepter notre totale vulnérabilité. Être présent à ce qui est, c’est être à la fois l’ego, la conscience et l’expérience de l’incarnation en conscience. Juste être présent, sans rien ajouter, sans rien rechercher et sans rien refuser. Juste se laisser pénétrer par le silence et vivre ce que la vie nous propose, c’est cela pour moi être authentique.

 

Christophe LE BEC

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